Certaines explosions cosmiques — les sursauts gamma — ne durent que quelques secondes, mais GRB 230307A a brillé pendant plusieurs minutes. Habituellement, une telle explosion donne naissance à un trou noir, mais la lueur prolongée a suggéré une autre issue : peut-être un magnétar est apparu — une étoile à neutrons hypermagnétisée, tournant à une vitesse vertigineuse.
Les télescopes ont capté dans ce sursaut un signal rythmique éphémère — comme si le faisceau d'un phare lointain avait illuminé la Terre un instant. La fréquence de 909 hertz, soit 909 tours par seconde, est un rythme typique pour un pulsar nouveau-né. Le signal n'a duré que 160 millisecondes, moins qu'un clignement d'œil, mais pendant ce temps, le magnétar a émis autant d'énergie que le Soleil en un million d'années.
Ce signal « phare » confirme pour la première fois que c'est bien une étoile à neutrons, et non un trou noir, qui peut alimenter les sursauts gamma longs. De telles observations permettront de comprendre comment fonctionnent les moteurs les plus extrêmes de l'Univers.
Une étoile à neutrons est le noyau d'une étoile morte, comprimé à la taille d'une ville : une cuillère à café de sa matière pèserait des milliards de tonnes.
Dans le roman « L'Œuf du Dragon », Robert Forward a imaginé une vie à la surface d'une étoile à neutrons, où la gravité monstrueuse accélère le temps des milliers de fois.