Un film de tantale de deux cents nanomètres d'épaisseur repose sur un substrat de quartz. À l'intérieur se cache une future lumière : si l'on chauffe le métal correctement, il se transforme en oxyde transparent à travers lequel pourra passer la lumière d'une diode électroluminescente implantée. Le problème, c'est que les méthodes de chauffage habituelles sont soit trop brutales, soit trop lentes.
La cavité micro-ondes agit comme une oreille attentive : elle ne chauffe pas seulement l'échantillon, elle entend aussi le métal se transformer en verre. Le film est placé dans un tube de quartz sur l'axe d'un résonateur cylindrique accordé sur la fréquence de 2,45 GHz. Le champ électrique oscille horizontalement et son énergie est absorbée par le métal. La puissance est augmentée par paliers jusqu'à 60 W, et la température est mesurée par pyromètre. Après quelques dizaines de secondes à une puissance d'environ 50 W, le métal est complètement oxydé.
La fréquence de résonance de la cavité augmente brusquement de 10 MHz, et le facteur de qualité Q augmente sensiblement. Cela se produit parce que le tantale métallique, qui réfléchit bien les micro-ondes, se transforme en oxyde diélectrique qui ne gêne presque plus le champ. La cavité cesse de perdre de l'énergie et sa « voix » devient plus claire. Ce décalage permet de suivre la transformation chimique du film mince en temps réel, sans détruire l'échantillon.
Contrairement au laser, qui vaporise le film au moindre surchauffe, les micro-ondes chauffent en volume et en douceur. Dans un four tubulaire, l'oxydation complète prend une heure à 600 °C, alors que les micro-ondes accomplissent la tâche en quelques dizaines de secondes. Certes, le film obtenu n'est pas homogène, mais le principe fonctionne. Si une maison en briques gonflait ainsi, les murs dépasseraient dans la rue : l'épaisseur du film passe de 200 à 409 nm, ce qui signifie que le volume augmente de plus du double.
Cette méthode sera utile pour créer rapidement des fenêtres transparentes dans les revêtements biocompatibles des implants, par exemple pour l'optogénétique. Le four à micro-ondes se transforme de simple chauffage en plateforme de diagnostic qui indique elle-même quand le métal est devenu verre. Il reste à obtenir une homogénéité du film et à tester un parcours en deux étapes où le laser définit le motif et les micro-ondes achèvent l'oxydation.
L'oxydation complète augmente l'épaisseur de la couche de 200 à 409 nm, ce qui signifie que le volume augmente de plus du double. Si une maison en briques gonflait ainsi, les murs déborderaient dans la rue.