L'océan Pacifique agit comme un chef d'orchestre qui dirige la météo aux États-Unis. Quand l'eau de l'océan devient plus froide que la normale, la phase La Niña s'installe, et les lumières s'éteignent plus souvent en Amérique. Les chercheurs ont analysé 24 ans de données et ont observé une corrélation claire : l'océan modifie la météo, et la météo endommage les lignes électriques et les transformateurs.
L'océan donne ses ordres de trois manières. À l'ouest des États-Unis, La Niña apporte du froid et de fortes chutes de neige ; dans le Sud-Est, de la chaleur ; et dans les États du centre, des pluies torrentielles. La neige fait tomber des arbres sur les lignes, la chaleur surcharge les climatiseurs, et les pluies inondent les sous-stations. Résultat : les coupures se multiplient. Le lien n'est pas immédiat : l'océan modifie d'abord la météo, et ce n'est que quelques mois plus tard que le réseau électrique commence à montrer des signes de faiblesse.
D'ici la fin du siècle, la situation pourrait devenir bien pire. Si les émissions de gaz à effet de serre restent élevées, d'ici 2081–2100, les coupures dues à la chaleur dans l'est des États-Unis pourraient être presque 26 fois plus fréquentes. Un réseau électrique conçu pour un climat ancien se retrouvera confronté à un climat nouveau. Mais désormais, en connaissant les prévisions océaniques, les gestionnaires du réseau peuvent se préparer à l'avance aux saisons difficiles.
Au printemps 2018, une tempête en Californie a apporté de fortes chutes de neige et du froid, privant 10 898 clients d'électricité et entraînant une perte de 38 MW de demande. En mars 2023, une série de tornades accompagnées de précipitations extrêmes a privé d'électricité environ un million de clients dans plus de dix États.