Dans le Pacifique tropical, l'eau se réchauffe puis se refroidit, ce qui influence la météo du monde entier. Ce phénomène est appelé El Niño. Le prédire plusieurs mois à l'avance est très difficile. Les réseaux de neurones réussissent mieux que les méthodes anciennes, mais ils ressemblent à une boîte noire : on ne sait pas ce qu'il y a dedans. Des chercheurs ont trouvé un moyen d'ouvrir cette boîte et de voir sur quelles données le réseau se concentre.
La méthode s'appelle la variation partielle totale pratique. Elle fonctionne ainsi : si l'on modifie légèrement une des variables d'entrée, par exemple la température de l'eau dans une certaine région, et que la prévision change fortement, alors cette variable est importante. On peut ainsi dresser une carte des zones clés. Il s'avère que pour une prévision à un mois, presque toute l'attention se concentre dans le Pacifique tropical. Pour une prévision à un an, le réseau regarde aussi les océans Indien et Atlantique.
Pour améliorer les prévisions, il faut ajouter davantage d'informations : par exemple, des données sur le vent ou la salinité de l'eau. Ainsi, le réseau pourra trouver de nouveaux indices et faire des prévisions plus précises, même au printemps.
La méthode PPTV repose sur le concept de variation totale d'une fonction, qui remonte aux travaux d'Henri Lebesgue et est utilisée en traitement d'images pour réduire le bruit. Ici, elle est appliquée pour la première fois à l'explication des réseaux de neurones en climatologie.