Une cellule de peau ressemble à une bille qui roule sur un terrain parsemé de creux. Dans sa jeunesse, la bille saute facilement d'un petit creux à l'autre, mais avec l'âge, un creux devient profond et la bille s'y coince. Ce creux, c'est l'état ancien de la cellule, celui où les gènes fonctionnent selon un programme « ancien ».
Les scientifiques voulaient comprendre quels gènes retiennent la cellule dans ce creux. Ils ont construit un modèle informatique dans lequel chaque gène peut être activé ou désactivé, comme une ampoule. Le modèle a montré que les gènes dont l'activité change le plus visiblement avec le vieillissement n'aident pas à retrouver la jeunesse. En revanche, si l'on désactive un gène discret, BACH2, le creux profond disparaît et la bille roule du côté de la jeunesse.
Les scientifiques savent désormais sur quels gènes agir pour tenter de rajeunir des cellules de peau en laboratoire. Si cela fonctionne, la même méthode pourra servir pour d'autres tissus et, peut-être, pour lutter contre le cancer.
Les réseaux booléens pour modéliser la régulation génique ont été proposés par Stuart Kauffman dès 1969, bien avant l'apparition du séquençage en cellule unique. Son idée selon laquelle les types cellulaires correspondent à des attracteurs du réseau n'a reçu de soutien expérimental que des décennies plus tard.
L'idée de reprogrammer une cellule d'un état vieux vers un état jeune en intervenant sur le réseau de régulation fait écho au scénario du film « Paradoxe Cloverfield », où un accélérateur de particules modifie accidentellement les paramètres fondamentaux de la réalité. Ici, cependant, le basculement n'est pas aléatoire : il est calculé.
Non publié sur arXiv. Voici sa page, le PDF et la formalisation : vous pouvez vérifier vous-même, pas seulement lire notre analyse.