Le cœur bat de manière irrégulière. L'IRM classique fait comme si tous les battements étaient identiques : elle les superpose, tel un photographe qui photographie un danseur avec une longue exposition. On obtient une tache floue — jolie, mais inutile si l'on veut distinguer chaque mouvement.
La nouvelle approche filme le cœur comme une vidéo : image par image, sans interruption. Le patient respire librement, et l'appareil suit lui-même le mouvement de l'organe et corrige l'image. Le médecin délimite manuellement le cœur sur une image, et le logiciel reporte ce contour sur toutes les autres — ainsi, on mesure le volume du ventricule à chaque instant.
La méthode a été testée sur un cœur artificiel (fantôme), dix volontaires sains et dix patients présentant des contractions ventriculaires prématurées. Sur le fantôme, le résultat a presque parfaitement coïncidé avec la référence : fraction d'éjection de 17,86 % contre 17,27 % réels. Chez les humains, l'enregistrement de l'activité électrique du cœur a confirmé que chaque saut de volume correspondait à un moment d'irrégularité.
Auparavant, ces détails étaient cachés dans l'image moyenne. Désormais, on voit le cœur trébucher puis retrouver son rythme.
La fraction d'éjection est la proportion de sang que le cœur expulse à chaque contraction. Chez une personne saine, elle est d'environ 55 à 70 %, tandis que chez le fantôme de cette étude, elle n'était que de 17,86 %.
Dans le film « Total Recall », le héros se fait scanner le cerveau en temps réel pour voir des souvenirs cachés. Ici, l'idée est similaire : au lieu d'images moyennées, on filme en continu un organe vivant, où chaque défaillance est visible.