Quand un footballeur frappe le ballon de la tête, le cerveau, à l'intérieur du crâne, est légèrement secoué, comme de la gelée dans un pot fermé. Un seul coup ne laisse pas de trace, mais des centaines se répètent au fil des années. Il est difficile pour les médecins de savoir quand ces secousses commencent à nuire : les examens d'imagerie cérébrale semblent normaux, et la personne peut se sentir en bonne santé.
Les scientifiques ont trouvé une autre façon d'examiner ce cerveau. Ils ont montré des images à des participants sur un écran tout en enregistrant l'activité électrique de leur cerveau à l'aide de l'électroencéphalographie — des capteurs placés sur le cuir chevelu qui captent les signaux des cellules nerveuses. Chez une personne en bonne santé, le cerveau réagit à l'image rapidement et de manière coordonnée, comme un orchestre qui attaque au geste du chef. Chez les personnes ayant subi de nombreux coups légers, la réaction est retardée et se désorganise, comme si les musiciens perdaient le rythme.
Les 100 premières millisecondes après l'apparition de l'image sont particulièrement importantes. À ce moment, le cerveau n'a pas encore pris conscience de ce qu'il voit, mais il se prépare déjà à traiter l'information. Chez les personnes ayant subi des coups répétés, cette préparation est plus faible. Grâce à ces signaux précoces, un programme informatique a appris à distinguer les personnes en bonne santé de celles qui ont subi de nombreux coups, et même de celles qui ont eu un seul traumatisme grave.
C'est un peu comme vérifier les fondations d'une maison : les fissures à l'intérieur ne sont pas visibles de l'extérieur, mais en frappant et en écoutant le son, on peut repérer les zones endommagées. Cette méthode pourrait aider les médecins à détecter plus tôt le danger et à arrêter un sportif avant l'apparition de lésions irréversibles.
Le cerveau réagit à une image plus vite que vous ne clignez des yeux : les premiers signaux apparaissent en 50 à 100 millisecondes.