Lorsqu'on brise un proton dans un accélérateur, des quarks et des gluons en sortent. Mais on ne peut pas les voir libres : presque immédiatement, ils se collent les uns aux autres pour former de nouvelles particules, comme des gouttes de mercure qui se rassemblent en billes. Ce processus est appelé hadronisation, et il gêne la mesure précise de la force qui colle les quarks ensemble — l'interaction forte.
Les auteurs proposent une recette générale pour tenir compte de cet assemblage pour plusieurs types d'événements à la fois. Auparavant, on utilisait des corrections spécifiques pour chaque type, et dans les zones de données les plus « sales », on les jetait tout simplement. Maintenant, on montre que si la direction du jet de particules le plus énergétique est déterminée séparément dans chaque événement, la dépendance de l'effet à l'énergie de collision ne casse pas le tableau d'ensemble, mais au contraire — donne un levier supplémentaire. Comme si on avait une deuxième main pour tenir un objet glissant.
Cela signifie qu'on peut utiliser aussi les données où l'hadronisation est la plus forte — et ce sont les points les plus sensibles pour déterminer précisément la constante de l'interaction forte. La vérification par simulations informatiques confirme : une approche unifiée fonctionne mieux qu'un ensemble de méthodes disparates.
Il est impossible d'extraire un quark seul d'une particule : si on essaie de séparer une paire de quarks, l'énergie de la rupture fait naître de nouveaux quarks, et on obtient deux particules entières au lieu d'une.