L'extrémité d'un chromosome ressemble à une place de parking libre : il faut l'occuper, sinon la cellule croira que le chromosome est cassé et se mettra à le réparer. Chez la levure, c'est la protéine Cdc13 qui occupe cette place. On pensait autrefois qu'elle arrivait directement à deux, comme deux amis dans la même voiture. Mais de nouvelles expériences ont montré que la première arrive seule, puis la seconde vient se garer à côté.
Les chercheurs ont fixé deux marqueurs lumineux sur l'ADN. Quand la protéine se pose, les marqueurs s'écartent et la lumière change. C'est ainsi qu'ils ont vu qu'une première protéine s'installe sur l'ADN, puis qu'une seconde apparaît. Si la protéine est incapable de s'associer à sa partenaire, elle reste seule et se détache facilement. Mais quand elles sont deux, elles tiennent bon, même si le sel abonde autour d'elles.
On peut comparer cela à une équipe de sécurité : un premier agent inspecte les lieux, puis il appelle un collègue pour monter la garde à deux. Les chercheurs veulent maintenant observer comment les deux protéines s'accrochent à l'ADN et comment d'autres protéines leur viennent en aide. Mais une chose est déjà claire : le stationnement à l'extrémité du chromosome se fait en deux étapes.
La constante de dissociation du complexe Cdc13-ADN télomérique est d'environ 1 nanomolaire : autrement dit, à une concentration de protéine d'une seule molécule pour un milliard de molécules d'eau, la moitié de l'ADN est déjà liée. À titre de comparaison, la constante de dissociation typique de nombreux enzymes avec leur substrat se situe dans la gamme micromolaire, soit mille fois plus faible.
Non publié sur arXiv. Voici sa page, le PDF et la formalisation : vous pouvez vérifier vous-même, pas seulement lire notre analyse.