Si vous enfoncez un tisonnier en acier dans un haut-fourneau, il se ramollit rapidement et s'affaisse. Même les métaux les plus résistants utilisés dans les réacteurs d'avion ne fonctionnent que jusqu'à 1300 °C. Le nouvel alliage à base de niobium, lui, conserve sa forme à 1500 °C, soit plus chaud que la lave d'un volcan.
Le secret réside dans sa structure interne. Lors de la solidification, le métal en fusion se sépare en deux types de couches : des lamelles dures, composées d'un composé de niobium et de carbone, et des intercalaires souples, faits d'un mélange de niobium et de molybdène. On obtient une sorte de contreplaqué, où des couches de bois alternent avec de la colle. Les lamelles dures empêchent le métal de couler, tandis que les intercalaires souples lui permettent de plier sans se briser.
Les scientifiques ont vérifié : après 100 heures dans un four à 1400 °C, les couches ne se sont ni épaissies ni collées entre elles. Cela signifie qu'une pièce fabriquée dans cet alliage pourrait fonctionner longtemps. Et surtout, les matières premières coûtent environ 85 dollars le kilogramme, autant que l'acier inoxydable, et les pièces peuvent être produites par simple coulée.
La température de fusion de l'alliage NMC-1 est de 2311 °C, soit seulement 166 °C de moins que celle du niobium pur. De plus, le coût des matières premières n'est que d'environ 85 $ le kilogramme, ce qui est comparable au prix de certains aciers inoxydables.
Dans le roman d'Arthur C. Clarke « Les Fontaines du paradis », un ascenseur spatial nécessite un matériau d'une résistance fantastique à haute température. Bien que le NMC-1 soit loin de telles exigences, l'idée même de durcissement eutectique fait écho à la recherche de matériaux capables de résister à des conditions extrêmes.