Le chef d'orchestre lève sa baguette, et chaque musicien entre à son moment, créant une belle mélodie. La lumière aussi peut être organisée comme un orchestre : des impulsions de différentes couleurs se succèdent dans l'ordre voulu, avec les pauses adéquates. Autrefois, cela exigeait des appareils encombrants et impossibles à reconfigurer. Aujourd'hui, des scientifiques ont créé une petite puce qui dirige les impulsions lumineuses, et un réseau de neurones l'aide à trouver rapidement les bons réglages.
Voici comment cela fonctionne. Un laser envoie de très brèves impulsions lumineuses dans la puce, qui divise chaque impulsion en plusieurs copies avec des délais différents, comme un écho dans les montagnes. Ces copies traversent ensuite une fibre spéciale qui les étire en un large spectre de couleurs, à la manière de la lumière blanche décomposée par un prisme. Le réseau de neurones prédit le motif obtenu pour différents réglages de la puce, ce qui permet d'atteindre le résultat souhaité.
Auparavant, ces sources de lumière avaient une forme fixe et ne pouvaient pas être modifiées. Désormais, on peut spécifier le nombre d'impulsions, leurs couleurs et leurs intervalles, et le système règle la puce tout seul. Cela est utile pour les microscopes qui observent des cellules vivantes, et pour le traitement des matériaux. La lumière est devenue un orchestre docile, prêt à jouer n'importe quelle partition.
Le réseau de neurones prédisait les spectrogrammes en 50 microsecondes, alors que la mesure expérimentale prenait 2 secondes, soit 40 000 fois plus rapide. L'entraînement sur 5000 exemples n'a pris que 6 minutes sur un processeur graphique.
L'idée d'une lumière programmable qui s'adapte à la tâche évoque le concept de systèmes optiques « intelligents » du roman « Light » de M. John Harrison, où la lumière est utilisée comme un environnement de calcul et un outil.