Dans l'orchestre du vieillissement, chaque instrument a sa partition. On a longtemps vu dans la protéine SIRT6 le grand chef d'orchestre de la longévité : quand elle est abondante, la cellule vit plus longtemps. Mais en comparant les données sur l'activité des gènes chez l'humain, la souris, le rat, le macaque, le porc et la drosophile, les chercheurs ont découvert que SIRT6 joue une musique différente selon l'organisme.
Chez l'humain, le niveau de SIRT6 dans les cellules de la peau ne bouge presque pas jusqu'à 80 ans, puis il chute brutalement. Mais pas chez tout le monde : chez certains grands centenaires il reste élevé, chez d'autres il devient bas, comme à la loterie. Dans la maladie d'Alzheimer, SIRT6 baisse dans certaines cellules du cerveau et augmente dans d'autres. On ne peut donc pas mesurer SIRT6 comme un indicateur universel du vieillissement : il ne révèle que des problèmes locaux.
Dans les fibroblastes cutanés des personnes de plus de 80 ans, l'expression de SIRT6 figure dans le top 2,4 % des gènes dont la variabilité augmente le plus : chez certains grands centenaires elle est élevée, chez d'autres faible, ce qui ressemble à une loterie.
Non publié sur arXiv. Voici sa page, le PDF et la formalisation : vous pouvez vérifier vous-même, pas seulement lire notre analyse.