Dans l'acier utilisé pour construire les réacteurs de fusion, de minuscules bulles d'hélium apparaissent après irradiation. Sur leurs parois, des atomes de chrome et de tantale se postent comme des sentinelles. Ces sentinelles décident si l'hydrogène reste à l'intérieur ou s'en va.
Un échantillon d'acier a été irradié à 500 °C, et des bulles d'hélium s'y sont formées. Le microscope électronique a montré que du chrome et du tantale s'étaient accumulés sur les parois des bulles. Les calculs informatiques ont confirmé que ces impuretés renforcent la liaison de l'hydrogène avec la surface. L'énergie de liaison avec le tantale atteint 1,2 eV, ce qui signifie que l'hydrogène est retenu aussi fermement que dans une molécule d'eau. Pour arracher un atome d'hydrogène, il faut une température environ 350 degrés plus élevée que pour le fer pur.
L'hélium à l'intérieur de la bulle, en revanche, gêne la capture car il comprime le métal. Mais le chrome et le tantale conservent leurs pièges même sous haute pression d'hélium. Auparavant, on ne comprenait pas pourquoi l'hydrogène ne s'échappait pas de l'acier irradié lors du chauffage, alors que les calculs pour le fer pur prédisaient une libération dès 127 °C. Désormais, c'est clair : les sentinelles sur les parois des bulles le retiennent plus fermement. Cette connaissance permettra de calculer plus précisément la quantité de tritium radioactif qui s'accumulera dans les parois du réacteur, et de choisir la composition de l'acier pour réduire ce danger.
L'énergie de liaison de l'hydrogène sur une surface avec du tantale atteint 1,2 eV, ce qui est comparable à l'énergie de liaison dans la molécule d'eau ; de plus, la barrière de sortie de l'hydrogène peut augmenter de 0,3 eV, ce qui signifie qu'il faut une température d'environ 350 degrés plus élevée pour libérer un atome que pour le fer pur.