L'ADN de nos cellules ressemble à un livre d'instructions. Sur ses pages peuvent apparaître des marques chimiques qui ne changent pas le texte, mais décident quelles pages seront lues. Les chercheurs savent estimer l'âge biologique à partir de ces marques : c'est un peu comme examiner les marges d'un livre pour voir à quel point il a été feuilleté. Une nouvelle étude a vérifié ce qu'un sauna régulier fait à ces marques.
18 pompiers sont restés dans un sauna portable 20 minutes, au moins quatre fois par semaine. Le sang a été prélevé avant le début du protocole, puis après 8 à 18 semaines de cure. Résultat : huit indicateurs d'âge avaient changé, certaines horloges indiquant que le sang et les poumons étaient devenus « plus vieux ». Mais lorsque les chercheurs ont pris en compte la nature exacte des cellules immunitaires présentes dans le sang, toutes les modifications ont disparu.
C'est un peu comme lorsqu'on change le rangement des livres dans une bibliothèque : les livres eux-mêmes ne s'abîment pas, mais si l'on estime l'âge d'après l'usure des étagères, on risque de se tromper. Désormais, les chercheurs savent que pour évaluer l'âge à partir du sang, il faut toujours regarder quelles cellules s'y trouvent. À l'avenir, cela aidera à mesurer plus précisément l'effet du sauna, du froid ou de l'entraînement sur le vieillissement.
Chez les pompiers, au début de l'étude, la consommation maximale d'oxygène (VO2max) prédite par la méthylation était plus élevée que dans le groupe témoin, ce qui est logique pour une profession exigeant une bonne condition physique. Pourtant, ces mêmes pompiers présentaient un score de dommage épigénétique DamAge plus élevé et un score d'adaptation AdaptAge plus faible, ce qui pourrait refléter un stress professionnel accumulé.
Non publié sur arXiv. Voici sa page, le PDF et la formalisation : vous pouvez vérifier vous-même, pas seulement lire notre analyse.