Imaginez une caserne où les soldats ont retiré l'uniforme, mais sans jamais partir. Auparavant, les scientifiques pensaient que les cellules souches musculaires disparaissaient avec l'âge, parce qu'ils n'arrivaient plus à les repérer grâce aux marqueurs habituels. Mais après avoir marqué ces cellules à vie avec une peinture lumineuse, le constat est clair : elles sont bien là, elles ont simplement cessé de porter leurs signes distinctifs.
Ces cellules « silencieuses » ont été baptisées GERI-MuSCs. Elles ne se transforment pas en fibres musculaires, mais lorsqu'on les greffe, elles aident à reconstruire un muscle endommagé, même si elles le font moins bien que les jeunes. Les gènes du vieillissement s'activent chez elles, sans pour autant qu'elles soient complètement séniles. La dihydrotestostérone, une hormone masculine, leur rend les marqueurs perdus et améliore la réparation musculaire. Autrement dit, le rajeunissement pourrait passer non pas par le remplacement des cellules, mais par le réveil de nos propres réserves endormies.
Des souris de 28 mois correspondent à des humains d'environ 90 ans. Et pourtant, même chez des animaux aussi âgés, les cellules souches conservent leur capacité à réparer le muscle, à condition de les réveiller par une hormone.
Dans le roman « Elysium », les personnes vieillissantes accèdent à des capsules médicales qui rajeunissent les tissus. La découverte des GERI-MuSCs suggère que le rajeunissement pourrait passer non pas par le remplacement des cellules, mais par le réveil de nos propres réserves endormies.
Non publié sur arXiv. Voici sa page, le PDF et la formalisation : vous pouvez vérifier vous-même, pas seulement lire notre analyse.