La lumière qui traverse une fine fibre de verre se disperse en une multitude de petites taches, comme les rides à la surface de l'eau après qu'on y a jeté une pierre. Les physiciens appellent ce grain le bruit de speckle. À cause de lui, l'image provenant d'un endoscope ultra-fin est floue, comme si l'on regardait à travers une vitre embuée.
Les chercheurs ont mis au point un programme qui élimine ces ondulations. Il décompose l'image en parties, comme un cuisinier sépare les os de la viande : certaines parties correspondent aux grands détails, d'autres au bruit fin. Ensuite, le programme ne recolle que les parties utiles et obtient une image propre. Lors des expériences, un endoscope composé de deux fibres plus fines qu'un cheveu humain a révélé de fines lignes sur une cible en papier et a permis de distinguer la structure des feuilles.
Cette méthode permet d'explorer des passages étroits où une caméra classique ne peut pas s'introduire. Par exemple, à l'intérieur des vaisseaux sanguins ou dans des cavités difficiles d'accès de la technologie. Désormais, la qualité de l'image ne dépend plus de l'épaisseur de la sonde.
Le bruit de speckle n'est pas qu'une simple interférence. Il peut servir à reconstituer des informations sur la surface, comme les rides sur l'eau révèlent où une pierre est tombée.
Dans la science-fiction, des sondes miniatures à fibres optiques explorent le corps des patients dans le film « Le Voyage fantastique ».