L'électron est une particule minuscule, mais dans un cristal, il se comporte comme s'il avait une masse différente. C'est ce qu'on appelle la masse effective. Pour la mesurer, les physiciens font courir les électrons en rond dans un champ magnétique — comme un patineur sur une patinoire à qui l'on ne permet pas de quitter son orbite.
Dans ces nouveaux travaux, les scientifiques ont construit un dispositif refroidi à 145 millikelvins — c'est plus froid que dans l'espace interstellaire, à seulement 0,145 degré au-dessus du zéro absolu. Ils y ont également placé un aimant qui génère un champ allant jusqu'à 7 teslas — des centaines de milliers de fois plus fort que celui de la Terre. L'échantillon est une fine couche d'arséniure de gallium, où les électrons ne peuvent se déplacer librement que dans un seul plan.
Dans cette couche, sous l'effet du champ magnétique, les électrons tournent en cercles. La fréquence de cette rotation dépend de la masse effective. En mesurant cette fréquence, les scientifiques ont calculé la masse : elle s'est avérée égale à 0,073 fois la masse de l'électron libre. C'est un peu plus que la valeur connue de 0,068 pour un cristal massif. La différence est faible, mais elle indique que dans une couche mince, les électrons se comportent différemment.
Ces mesures précises aident à améliorer les transistors et les lasers, et aussi à tester les théories quantiques. Et, comme c'est souvent le cas en science, une petite divergence au troisième chiffre après la virgule peut conduire à une nouvelle compréhension.
À 145 millikelvins, l'agitation thermique des atomes est si faible que même la lumière ordinaire d'une ampoule pourrait réchauffer l'échantillon. C'est pourquoi les mesures sont effectuées dans l'obscurité totale, avec un blindage contre les rayonnements externes.