La poussière lunaire ressemble à du sable gris, mais elle ne contient pas une seule bouffée d'air. L'oxygène y est pourtant présent, solidement lié dans les roches, comme le sucre dans le caramel. Pour l'en extraire, il faut briser les liaisons chimiques, et les scientifiques cherchent la méthode la plus simple.
En laboratoire, ils ont pris un régolithe lunaire artificiel, fabriqué d'après les échantillons des missions Apollo et de la sonde chinoise Chang'e. Ils l'ont examiné au microscope électronique, sondé aux rayons X et chauffé dans un flux d'hydrogène. L'hydrogène arrache l'oxygène aux minéraux : on obtient ainsi de l'eau à partir de la roche, et de l'air à partir de l'eau.
C'est une excellente nouvelle pour les futures bases lunaires. Plus besoin de chercher des gisements particuliers : on pourra traiter le régolithe ordinaire qui se trouve sous nos pieds. Le four à oxygène sera plus simple, et les colons pourront respirer et ravitailler leurs fusées sans attendre les cargaisons de la Terre.
Dans le régolithe lunaire, l'oxygène représente environ 40 % de la masse — presque comme dans la croûte terrestre, mais il est entièrement lié chimiquement et on ne peut pas simplement le « filtrer ».
Dans le roman d'Andy Weir, « Artémis », l'héroïne produit de l'oxygène à partir de l'aluminium lunaire pour que la ville sur la Lune puisse respirer.