Une poussière de diamant en carbone flotte dans le vide sur un faisceau laser. À l'intérieur, un défaut : un atome d'azote voisin d'une lacune. Sous l'action de la spectroscopie par lumière et micro-ondes, il se met à tressauter, secouant toute la poussière. Ainsi démarre un laser acoustique : de faibles chocs aléatoires se transforment en un bourdonnement puissant et stable. Le mécanisme reprend l'idée de Charles Townes, qui a créé le maser pour les micro-ondes, mais ici ce sont les vibrations sonores qui sont amplifiées. Un infime excès d'entropie d'états excités suffit — quelques pour cent à peine.
Les calculs concordent parfaitement avec les lois de l'optique quantique. Un tel système pourrait détecter les ondes gravitationnelles ou la force d'impact d'une seule molécule. Et, peut-être, permettra-t-il enfin d'observer des effets quantiques — comme l'existence simultanée de deux oscillations opposées — dans un objet visible à l'œil nu.
Le maser est le grand frère du laser : il a été construit pour la première fois en 1954 pour les micro-ondes, et aujourd'hui le même principe anime les vibrations sonores dans un cristal.
Dans la science-fiction, les cristaux auto-excités servent souvent de cœur aux détecteurs et aux moteurs.