En 2013 et en 2020, le même télescope à Hawaï a observé le rémanent d'une étoile explosée : Cassiopée A. Les images ont été prises dans la lumière du fer incandescent, comme si l'on photographiait des flux de métal invisibles filant à travers le cosmos.
En sept ans, les astronomes ont repéré 263 amas denses — ce sont des débris éjectés par l'explosion. Certains n'ont presque pas bougé : ils ont probablement percuté le gaz que l'étoile avait expulsé avant d'exploser. D'autres filent rapidement, mais parmi ces amas rapides, certains ralentissent, surtout du côté est du rémanent.
Ce n'est pas simplement de la poussière cosmique : dans ces amas voyagent du fer, du silicium et d'autres éléments qui formeront plus tard de nouvelles étoiles et des planètes. En observant comment ils ralentissent et disparaissent, les scientifiques précisent la quantité de matière qui reste dans la galaxie après la mort d'une étoile.
Sept ans, c'est un instant à l'échelle du cosmos, mais même en si peu de temps, on voit que l'explosion continue de vivre : les débris entrent en collision, s'éteignent et changent de cap. Cassiopée A évoque un feu d'artifice au ralenti qui dure depuis trois cents ans.
Cassiopée A est la source d'ondes radio la plus brillante en dehors du Système solaire, alors qu'elle n'a explosé qu'il y a environ 300 ans.