La lumière frappe un film mince — et un courant électrique y apparaît instantanément. C'est le principe d'une paire de matériaux : le disulfure de molybdène et le cobalt. Le premier est un semi-conducteur, le second un aimant. Entre eux, comme on l'a découvert, naît une couche intermédiaire invisible.
Les scientifiques ont éclairé le film avec un laser à différentes longueurs d'onde. Il s'est avéré que l'intensité du courant change, mais pas sa vitesse d'apparition. Le secret réside dans la couche : elle absorbe la lumière différemment selon sa couleur. Ensuite, l'énergie est transmise au cobalt, qui produit le courant. La couche agit comme un interprète entre la lumière et l'aimant.
De tels films pourraient devenir la base de capteurs ultrarapides et de dispositifs de traitement de données. Au lieu de signaux électriques — la lumière, au lieu de commutations lentes — des commutations instantanées.
Le disulfure de molybdène ressemble au graphite : on peut le feuilleter en couches d'un atome d'épaisseur. Mais contrairement au graphite, c'est un semi-conducteur, ce qui le rend utile en électronique flexible.
Dans le roman « Solaris » de Stanislas Lem, l'océan de la planète réagit au rayonnement en modifiant sa structure. Ici, la couche « répond » aussi à la lumière, mais strictement selon les lois de la physique.