Un ordinateur quantique en laboratoire ressemble à un orchestre : les lasers jouent le rôle des archets, et les ions celui des cordes. Pour jouer la mélodie voulue, on envoie aux lasers de puissants signaux radio qui donnent le rythme et la hauteur. Mais une partie de cette « musique » s'échappe de la scène.
Les chercheurs ont remarqué que les signaux radio qui contrôlent les lasers pour refroidir les ions, effectuer les opérations et lire les résultats fuient légèrement hors du boîtier. À l'aide d'un simple récepteur radio, ils ont capté ces ondes et, grâce à leur forme, déterminé quelles portes logiques (opérations de base) le processeur exécutait. On peut ainsi espionner un algorithme sans toucher à l'appareil.
C'est la première démonstration d'une telle attaque sur un processeur quantique à ions. Les auteurs proposent aussi des mesures de protection, comme blinder l'appareil ou ajouter du bruit aux signaux radio pour brouiller l'espion.
Les canaux secondaires de fuite existent aussi sur les ordinateurs ordinaires : les variations de tension ou les émissions électromagnétiques peuvent permettre de reconstituer des clés cryptographiques.
Dans le roman « Le Voleur quantique » de Hannu Rajaniemi, le vol d'états quantiques est monnaie courante, et les héros sont constamment à la recherche de fuites.