Une toupie tourne de plus en plus lentement jusqu'à s'immobiliser. Les étoiles à neutrons — ces vestiges ultra-denses d'étoiles explosées — ont leur propre « période d'immobilisation ». Dans une nouvelle étude, les astronomes ont remarqué que les périodes de rotation de deux types de ces étoiles — les magnétars (au champ magnétique très intense) et les étoiles à neutrons faibles en rayons X — se regroupent autour de valeurs étonnamment proches : environ 12 et 14 secondes.
Les scientifiques ont analysé les données de 30 magnétars avec des périodes allant de 0.33 à 11.78 secondes et de 8 étoiles à neutrons faibles avec des périodes de 3.45 à 12.76 secondes. Ils ont appliqué une méthode statistique pour estimer avec quelles périodes ces étoiles naissent et jusqu'à quelle limite elles ralentissent. Il s'avère que pour les magnétars, la limite est d'environ 11.8–12.0 secondes, et pour les étoiles à neutrons faibles, d'environ 12.8–14.9 secondes. Pour l'échantillon combiné de 38 objets, on obtient la plage la plus étroite : 12.8–12.9 secondes.
Une telle coïncidence n'est probablement pas due au hasard. En deux décennies de découvertes, le nombre de magnétars connus a triplé, et la limite supérieure des périodes n'a que très peu bougé, passant de 12 à 15 secondes. Cela soutient fortement l'idée d'une cause physique : peut-être que le champ magnétique de ces étoiles s'affaiblit avec le temps, ou bien qu'un disque de matière se forme autour d'elles, freinant leur rotation jusqu'à l'équilibre. Si le mécanisme est commun, alors les magnétars et les étoiles à neutrons faibles pourraient être les maillons d'une même chaîne évolutive.
Une période de rotation de 12 secondes, c'est comme si une étoile de la taille d'une ville faisait un tour complet pendant que vous lisez cette phrase.