Deux particules se comportent comme si une connexion télépathique existait entre elles : mesurer l'état de l'une détermine instantanément l'état de l'autre, à n'importe quelle distance. Einstein appelait cela « l'action fantôme à distance ». Aujourd'hui, nous savons qu'il s'agit de l'intrication quantique — le moyen de coordination le plus fiable, surpassant tout schéma classique. Étonnamment, il n'y a pas de transmission d'information supraluminique : les particules semblent suivre un scénario écrit à l'avance.
Cette « télépathie » est utile là où la communication est indisponible ou trop lente. Les traders en bourse coordonnent leurs ordres sans les délais liés à la transmission de signaux à la vitesse de la lumière. Les secouristes en pleine nature synchronisent leurs itinéraires sans échanger de messages. Même l'entropie d'un réseau — une mesure de sa charge — peut être régulée sans révéler de données confidentielles.
Mathématiquement, cet avantage a été prouvé par John Stewart Bell dès 1964. Aujourd'hui, les états intriqués sont accessibles sur des puces quantiques primitives, sans avoir besoin d'ordinateurs quantiques encombrants.
Le terme « télépathie » n'est pas un hasard : en 1935, Einstein et ses collègues ont conçu une expérience de pensée pour réfuter la mécanique quantique, mais ils ont prouvé la réalité de l'intrication — sa principale carte de visite.
Un jour, les réseaux « télépathiques » relieront les villes sans fil, coordonnant le trafic et les réseaux électriques en temps réel.