Notre corps abrite des cellules qui ont cessé de se diviser sans pour autant mourir. Elles ressemblent à de vieux employés qui ne viennent plus travailler mais occupent toujours la place et gênent les jeunes. Ces cellules libèrent des substances nocives et accélèrent le vieillissement. Les chercheurs veulent les éliminer sans abîmer les cellules saines.
Il s'avère que l'on peut y parvenir avec l'antioxydant N-acétylcystéine, mais à très forte dose. En laboratoire, des chercheurs ont cultivé des cellules musculaires humaines et les ont fait vieillir. Puis ils ont ajouté l'antioxydant à une concentration de 20 millimoles. Les cellules sénescentes ont commencé à mourir, tandis que les cellules ordinaires ont été presque épargnées. C'est comme si, sur une balance où l'équilibre ne tient plus qu'à un fil, on ajoutait un petit poids de trop sur un plateau.
On pensait autrefois que les antioxydants protégeaient toujours les cellules. Aujourd'hui, on voit que tout dépend de la dose. Une faible dose protège légèrement, tandis qu'une forte dose tue précisément les cellules sénescentes. Cette découverte indique comment concevoir des médicaments contre le vieillissement, mais aucune application ne se profile pour l'instant : la dose nécessaire est trop élevée pour l'être humain.
La N-acétylcystéine est souvent vendue comme complément alimentaire pour soutenir le foie et les poumons. Dans ce travail, elle a été utilisée à des concentrations des dizaines de fois supérieures à celles atteintes dans le sang après la prise du complément.
Non publié sur arXiv. Voici sa page, le PDF et la formalisation : vous pouvez vérifier vous-même, pas seulement lire notre analyse.