Le neutron pourrait être un aimant minuscule — les équations le permettent. Mais en réalité, il ne manifeste presque aucune propriété magnétique. Une des explications est fournie par le mécanisme de Nelson–Barr : un champ spécial brise spontanément la symétrie et masque cet effet. La solution a un effet secondaire : l'apparition de murs de domaine, des frontières entre des régions de vides différents.
Les auteurs de l'article ont trouvé un moyen de se débarrasser de ces murs. Ils ont montré que le même champ peut déclencher l'inflation — l'expansion fulgurante de l'Univers dans les premiers instants. Le potentiel du champ ressemble à un double puits avec deux vallées. L'inflation roule dans l'une d'elles, et après, l'énergie ne suffit pas pour sauter dans l'autre. Les murs ne se forment tout simplement pas.
Ce champ est un véritable couteau suisse cosmique. Il résout le problème de la violation CP forte, déclenche l'inflation, puis transmet son énergie aux particules ordinaires. Si on ajoute des neutrinos droits, le champ viole la symétrie CP dans le secteur leptonique, créant un excès de matière sur l'antimatière. Ainsi, un seul mécanisme unit la cosmologie et la physique des particules, éliminant la principale difficulté du modèle original.
L'inflation a étiré l'espace plus vite que la lumière, mais cela ne contredit pas la relativité — c'est l'espace lui-même qui s'est étendu, et non un mouvement dans cet espace.
L'idée d'un champ qui contrôle à la fois les symétries et l'expansion de l'Univers évoque l'« inflaton » du cycle de la Culture d'Iain Banks.