Imaginez une foule sur une place. D'abord, des enfants courent à travers elle : légers et agiles, ils se faufilent entre les gens sans les bousculer. C'est ainsi que se comportent les électrons dans la nébuleuse du Crabe nébuleuse. Mais quand des adultes traversent la même place, étant lourds, ils doivent écarter les gens, et la foule s'écarte. Les protons sont ces adultes.
Dans la nébuleuse laissée par l'explosion de l'étoile, les électrons et les protons sont accélérés par l'étoile morte en son centre. Les électrons émettent de la lumière en tournant dans le champ magnétique. Les protons, eux, émettent autrement : en percutant le gaz, ils créent des particules qui se désintègrent en rayons gamma. Ces rayons se dispersent, et la nébuleuse paraît plus grande dans cette lumière.
Auparavant, les scientifiques ne comprenaient pas pourquoi la nébuleuse semblait plus grande aux hautes énergies que ne le prédisaient les calculs. Maintenant, en ajoutant les protons, ils obtiennent à la fois la bonne taille et le bon spectre. Cela signifie que les explosions stellaires savent accélérer non seulement les particules légères, mais aussi les lourdes, celles qui composent toute la matière qui nous entoure.
La nébuleuse du Crabe est le vestige de la supernova de 1054, observée par les astronomes chinois et arabes. Son pulsar tourne 30 fois par seconde, et l'énergie stockée dans son champ magnétique est comparable à celle de l'explosion de la supernova.