Au réfrigérateur, une laitue coupée jaunit en quelques jours. La plante ne meurt pas simplement : elle enclenche un programme qui détruit la chlorophylle, le pigment vert. Ce programme a son chef d'orchestre, le gène LsMAX1. Il pousse la plante à produire des hormones, les strigolactones, qui déclenchent justement le jaunissement.
Une fois le gène LsMAX1 désactivé, les feuilles de laitue ont conservé bien plus de chlorophylle après huit jours d'obscurité. Les gènes habituels du vieillissement ne s'activaient presque pas. Mais à leur place, ce sont des gènes de stress qui se sont mis en marche, ceux qui aident la plante à survivre dans des conditions défavorables. Le vieillissement ne s'est pas arrêté : la plante a simplement choisi une autre façon de faire face à la situation.
On pensait autrefois que les strigolactones ne faisaient qu'accélérer le vieillissement. On voit désormais qu'elles déterminent quels gènes précis s'activent. Si l'on coupe ce signal, la plante emprunte une voie de secours. Cette découverte aidera à créer des variétés de laitue qui gardent leur fraîcheur plus longtemps.
Les strigolactones tirent leur nom de la plante parasite Striga, dont les graines germent en percevant ces substances dans les exsudats racinaires de l'hôte.
Non publié sur arXiv. Voici sa page, le PDF et la formalisation : vous pouvez vérifier vous-même, pas seulement lire notre analyse.