Une laitue coupée jaunit en quelques jours au réfrigérateur. La feuille ne meurt pas simplement : elle déclenche un programme qui détruit la chlorophylle et fait migrer les nutriments vers d'autres parties de la plante. Le chef d'orchestre de ce programme, c'est le gène LsMAX1, qui pousse la plante à produire les hormones strigolactones.
Lorsque le gène LsMAX1 a été désactivé, les feuilles de laitue ont conservé, après huit jours d'obscurité, bien plus de chlorophylle. Les gènes habituels du vieillissement, comme LsORE1 et LsSGR1, ne s'activaient presque pas chez les mutants. Mais en parallèle, un autre ensemble de gènes s'activait : ceux de la réponse au stress, notamment HSP90 et AHA1. La plante n'a pas arrêté son vieillissement, elle a choisi une autre partition.
La comparaison de l'activité des gènes a montré que la partie commune du programme de vieillissement subsiste. Les gènes de la photosynthèse et de la traduction s'éteignent de la même façon chez les mutants et chez les plantes normales. Mais les gènes qui détruisent habituellement la chlorophylle restent silencieux chez les mutants. À leur place résonne le thème du stress.
On pensait auparavant que les strigolactones se contentaient d'accélérer le vieillissement. Aujourd'hui, c'est clair : elles déterminent quels gènes s'allument précisément. La perte du signal pousse la plante à emprunter une voie de secours liée au stress. Voilà pourquoi, selon l'espèce, l'effet des mutations de ces gènes peut différer.
À terme, on pourra réguler avec précision l'activité de LsMAX1 afin de prolonger la fraîcheur de la laitue sans modifier la forme de la plante. La feuille restera verte plus longtemps si le chef d'orchestre choisit la bonne partition.
Les strigolactones tirent leur nom de la plante parasite Striga, dont les graines germent en percevant ces substances dans les exsudats racinaires de l'hôte.
Non publié sur arXiv. Voici sa page, le PDF et la formalisation : vous pouvez vérifier vous-même, pas seulement lire notre analyse.