Quand un implant pénètre dans le corps, le système immunitaire se met à bâtir une cicatrice autour de lui, tel un chef d'orchestre qui donne le la à ses musiciens. Mais la partition change selon l'orchestre : jeune ou vieux, masculin ou féminin.
Des chercheurs l'ont vérifié chez la souris. Ils ont implanté dans le muscle de la cuisse deux types de particules polymères, à base de polycaprolactone et de polyéthylène, à des mâles et des femelles jeunes (2 mois) et âgés (18 mois). Au bout de six semaines, ils ont comparé quels gènes s'étaient activés, quelles cellules étaient venues à l'implant et quelle épaisseur avait atteint la cicatrice. Résultat : le sexe modifie l'activité des gènes plus fortement que l'âge. Entre mâles et femelles du même âge, plus de 3000 gènes différaient, alors qu'entre jeunes et vieux du même sexe, ils étaient moins de 200.
Qu'est-ce que cela signifie pour l'être humain ? Avant de mettre un implant sur le marché, on le teste sur des animaux. Si l'on ne prend que de jeunes mâles, on risque de ne pas remarquer que chez les femelles ou les individus âgés, le matériau provoquera une inflammation plus forte ou un autre type de cicatrice. Désormais, c'est clair : les essais doivent inclure les deux sexes et différents âges. Sinon, un implant sans danger pour les uns s'avérera problématique pour les autres.
La différence d'expression des gènes entre les sexes à un même âge dépassait 3000 gènes, alors qu'entre les âges au sein d'un même sexe, il y avait moins de 200 différences. Cela montre à quel point le sexe influence davantage le transcriptome que l'âge dans ce modèle.
Non publié sur arXiv. Voici sa page, le PDF et la formalisation : vous pouvez vérifier vous-même, pas seulement lire notre analyse.