Chez certaines personnes, de petites boules de graisse molles apparaissent sous la peau : ce sont des lipomes. Ils ne sont pas dangereux, mais il arrive qu'on en ait beaucoup. Pourquoi, on l'a longtemps ignoré.
Les chercheurs ont comparé les génomes de 13 526 personnes ayant des lipomes et de près d'un demi-million de personnes qui n'en ont pas. Ils ont trouvé des segments d'ADN plus fréquents chez les personnes à lipomes. Ces segments sont liés à des gènes qui allongent les télomères. Ensuite, ils ont vérifié : les personnes dont les télomères sont plus longs dès la naissance ont effectivement plus souvent des lipomes.
Des télomères longs permettent aux cellules de se diviser plus longtemps. C'est utile pour le renouvellement des tissus, mais chaque possibilité supplémentaire de se diviser a un prix : la cellule peut se mettre à croître sans suivre le plan prévu. Pour un lipome, ce n'est pas dangereux, mais le principe lui-même compte. Si un jour des médicaments allongeant les télomères voient le jour, ils pourraient avoir cet effet secondaire.
Dans une série de 188 tumeurs, un seul des 58 lipomes chez des patients atteints de lipomes multiples présentait des anomalies chromosomiques détectables, ce qui a conduit les chercheurs à envisager une prédisposition héréditaire dès 1988.
Dans le roman « Le Corbeau mécanique » de Neal Stephenson, des manipulations génétiques des télomères sont utilisées pour prolonger la vie, mais entraînent des conséquences imprévues. Ce travail montre que l'allongement des télomères peut avoir un prix, sous la forme d'un risque accru de tumeurs, même bénignes.
Non publié sur arXiv. Voici sa page, le PDF et la formalisation : vous pouvez vérifier vous-même, pas seulement lire notre analyse.