Le télescope spatial James Webb a pour la première fois capté la lumière d'étoiles composées uniquement d'hydrogène et d'hélium — c'est de cette matière que, pense-t-on, étaient faites les premières étoiles après le Big Bang. Pour les voir, il a fallu un immense amas de galaxies MACS J0416 : sa gravité a joué les loupes cosmiques, amplifiant le faible éclat de la lointaine galaxie LAP1-B.
Les étoiles nouveau-nées qu'elle abrite correspondent exactement aux prédictions théoriques. Elles naissent dans de minuscules amas de matière noire — l'invisible charpente du cosmos. Chaque étoile est un vrai poids lourd, cent fois plus massive que le Soleil, et tout l'amas ne pèse que deux mille masses solaires. Certaines ont déjà explosé en supernova, enrichissant le gaz environnant en éléments plus lourds.
Voici le retournement : les toutes premières étoiles ont brillé encore plus tôt, mais leur lumière est si faible que même Webb ne pourrait pas les voir. LAP1-B n'est pas le commencement absolu, mais une chance rare d'apercevoir un passé presque intact. Selon les calculs, on n'en trouve qu'une seule dans tout le ciel.
La température du gaz dans les « berceaux » de ces étoiles était plus basse que dans un four à pizza — environ mille degrés, ce qui, à l'échelle cosmique, est très froid.