Mémoire sous pression : comment l'anxiété pilote nos souvenirs ✎ express

Original: "Resting-State Functional Connectivity Correlates of Emotional Memory Control under Cognitive load in Subclinical Anxiety"
· Shruti Kinger, Mrinmoy Chakrabarty
arXiv:2601.15689 · 2026-01-22 · CC BY-NC-ND 4.0 · analyse indépendante · 2 min
Des scientifiques ont découvert comment le cerveau refoule et fait remonter les souvenirs émotionnels lorsqu'il est simultanément occupé à autre chose.

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On essaie de ne pas penser à la dispute de ce matin, mais des images vives s'imposent à l'esprit. En parallèle, on prépare un rapport et on garde des chiffres en tête. Résultat : la mémoire perturbe le travail, et le travail empêche d'oublier. Des scientifiques ont voulu vérifier comment le cerveau gère cette double charge chez des personnes plus ou moins anxieuses.

L'expérience a réuni 47 volontaires en bonne santé. On leur montrait des images agréables et désagréables, puis on leur demandait soit de se souvenir, soit de refouler le souvenir de l'image. Pendant ce temps, ils devaient réaliser une seconde tâche : maintenir une image visuelle en mémoire. Les chercheurs mesuraient la capacité de chacun à contrôler ses souvenirs, et en profitaient pour scanner leur cerveau au repos afin d'observer les connexions entre ses différentes régions.

Il s'est avéré que la capacité même à contrôler la mémoire ne dépend ni des émotions ni de l'anxiété : tout le monde s'en sortait à peu près de la même manière.

Mais les réseaux cérébraux, eux, différaient. Lorsqu'on refoulait des souvenirs agréables, la connexion entre la partie antérieure du cortex cingulaire (qui joue un rôle dans le contrôle) et les zones postérieures de perception diminuait, tout comme celle entre l'hippocampe (le réservoir de la mémoire) et le pôle frontal. En revanche, refouler des souvenirs désagréables renforçait la connexion entre les régions pariétale et occipitale. L'anxiété s'invitait dans ces processus : chez les personnes plus anxieuses, le cortex préfrontal fonctionnait différemment lors du refoulement des souvenirs positifs et lors du rappel des images positives et neutres.

Il semble que le cerveau traite différemment les souvenirs agréables et désagréables lorsqu'il faut maintenir quelque chose en mémoire en même temps. L'anxiété modifie sélectivement ces réseaux, ce qui pourrait expliquer pourquoi les personnes anxieuses ont plus de mal à se débarrasser de pensées obsédantes, qu'elles soient agréables ou désagréables.

L'hippocampe, une région du cerveau nommée d'après le cheval marin en raison de sa forme, joue un rôle clé dans le transfert des souvenirs de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme.

Notions
connectivité cérébrale mémoire de travail transport rythmique cérébral activité neuronale architecture mémoire des réseaux de neurones hippocampe mécanisme d'attention