Deux galaxies se rapprochent, comme un couple de danseurs qui tantôt s'écarte, tantôt se rapproche. Au moment d'un rapprochement particulièrement étroit, leur gaz se comprime et une vive lumière ultraviolette jaillit des profondeurs. C'est exactement ce qui se passe dans le système Hara 11 — la paire de galaxies en fusion la plus proche de nous qui laisse échapper une telle lumière. Les scientifiques ont construit un modèle informatique de cette danse pour comprendre comment naît cette fuite.
Dans le modèle, les deux galaxies progénitrices se rapprochaient, s'écartaient, puis se rapprochaient à nouveau. Chaque fois qu'elles passaient à proximité l'une de l'autre, la fuite de lumière ultraviolette augmentait d'environ dix fois. La raison est simple : le gaz se comprimait et des ouvertures apparaissaient, par lesquelles la lumière s'échappait. Les sursauts de naissance d'étoiles renforçaient également la fuite — les jeunes étoiles accéléraient le gaz et perçaient des trous dedans.
Curieusement, la fuite de l'autre lumière — la raie Lyman-alpha — n'augmentait pas autant. Cette lumière est émise par l'hydrogène et elle reste souvent piégée dans le gaz dense. Par conséquent, en observant la raie Lyman-alpha, on peut sous-estimer la quantité d'ultraviolet qui sort réellement de la galaxie. Dans le modèle, le nœud dense d'étoiles appelé « nœud C » brillait le plus — c'est lui qui s'est avéré être la principale source du rayonnement sortant.
La galaxie modélisée ressemble à la vraie Hara 11 — tant par sa forme que par sa luminosité. Cela signifie que de telles danses informatiques aident à comprendre comment, dans un passé lointain, les premières galaxies ont dissipé le brouillard d'hydrogène neutre de l'Univers.
Hara 11 se trouve à seulement 82 millions d'années-lumière de nous — à l'échelle cosmique, c'est notre cour voisine. C'est pourquoi elle sert de « laboratoire » pour étudier des processus qui, dans l'Univers primordial, se déroulaient à des distances énormes.