Dans les circuits supraconducteurs qui composent les ordinateurs quantiques, des particules supplémentaires — les quasiparticules — naissent de temps à autre. Elles ressemblent à des passants imprévus qui font irruption dans le travail du processeur et gâchent les calculs. Des scientifiques ont réussi à capturer ces événements en temps réel sur deux qubits voisins — des éléments supraconducteurs sensibles à la charge. Les deux qubits sont connectés à un guide d'ondes commun, comme deux microphones dans une même pièce : si quelque chose se passe à proximité, les deux l'entendent.
En régime calme, les quasiparticules tunnelisent (franchissent la barrière d'énergie) seulement quelques fois par seconde. Mais environ une fois par minute, un sursaut se produit : en quelques millièmes de seconde, le taux grimpe d'un facteur mille. Ces sursauts durent environ 7 millisecondes — comme une brève sonnerie dans le silence. Et le plus important : les deux qubits entendent cette sonnerie presque simultanément, ce qui signifie que les erreurs dues aux quasiparticules sont corrélées, c'est-à-dire qu'elles apparaissent à plusieurs endroits à la fois.
Les auteurs ont également remarqué des événements rares où le sursaut s'accompagne d'un déplacement de charge sur le qubit — environ une fois par heure. C'est comme si un invité non seulement entrait dans la pièce, mais déplaçait aussi les meubles. Comprendre ces corrélations aidera à construire des processeurs quantiques qui font moins d'erreurs — car on voit maintenant quand et d'où vient le bruit.
Les quasiparticules dans un supraconducteur ne sont pas de vraies particules, mais des excitations collectives qui se comportent comme des particules, mais n'existent qu'à l'intérieur du matériau.
Dans la série « Devs », un ordinateur quantique souffre de pannes mystérieuses — cela ressemble au vrai problème des sursauts de quasiparticules, sauf que dans la fiction, leur source est extraterrestre.