En 2023, une étoile sans particularité dans la constellation du Taureau est soudainement devenue des dizaines de fois plus brillante. Ce comportement évoque une ampoule que l'on aurait brusquement poussée à fond : l'étoile a flamboyé, puis est revenue progressivement à son état initial.
Les astronomes ont saisi l'instant et ont pointé plusieurs télescopes vers l'étoile. Ils ont observé un disque de gaz et de poussière en rotation autour d'elle, comme un tourbillon dans une baignoire qui se vide. En temps normal, la matière de ce disque s'écoule vers l'étoile en un mince filet, mais parfois, comme dans un tuyau bouché, un amas s'accumule et plonge brusquement à l'intérieur. C'est cet amas qui a provoqué l'éruption.
L'étoile elle-même est petite et froide : sa température est d'environ 3400 degrés, et sa masse est inférieure au tiers de celle du Soleil. Mais même une étoile aussi modeste peut offrir un spectacle éclatant. Après l'éruption, les astronomes ont remarqué un vent soufflant de l'étoile, des flux de gaz qui renvoient une partie de la matière dans le disque. C'est comme si la baignoire, tout en se remplissant, éclaboussait un peu.
De telles éruptions ne sont pas rares chez les jeunes étoiles. Elles montrent comment une étoile gagne de la masse et comment son environnement se comporte. C'est peut-être à ces moments-là que se forment dans le disque des amas qui donneront plus tard naissance à des planètes.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2602.09777
Stellar outbursts from variable or periodic accretion are thought to be ubiquitous across young stellar populations. However, relatively few outbursting objects have been discovered to date. Here, we present the characterisation of a new EXor-type episodic accretor. We aim to characterise the nature of the 2023 outburst of SPICY 97589/Gaia23bab and characterise the stellar source for the first time, while exploring how an accretion outburst contributes to disk evolution. We employ multi-waveband medium-resolution spectroscopy with UVB-VIS-NIR coverage during the peak of the 2023 outburst and the post-outburst quiescent object. The broad wavelength coverage of the dataset allows for robust measurements of the accretion rate using known line tracers. The addition of quiescent spectra provides a good estimation of stellar parameters of the central star while also informing us on the evolution of the disk during outburst phases. We find the stellar source to be a 3410\,K, M3.0 type star with a luminosity of 0.41 $$L_\odot$$ and an estimated stellar mass of 0.29 $$M_\odot$$. We measure the accretion rate of SPICY 97589 to be $$\dot M = 2.38\pm0.58\times10^{-7}\,\mathrm{M_\odot yr^{-1}}$$. This value is at two orders of magnitude greater than the quiescent accretion rate. Thus, we confirm that the 2023 outburst was driven by an influx of material from the surrounding environment to the central star, an accretion outburst. The spectral fingerprint of emission lines is also characteristic of an outbursting EXor-type source, including variable disk winds.
Le taux auquel l'étoile a absorbé de la matière pendant l'éruption est d'environ 2.38×10⁻⁷ masse solaire par an. Cela semble peu, mais pour une étoile d'un tiers de masse solaire, cela équivaut à engloutir un petit astéroïde tous les quelques jours.
Dans le roman « Solaris » de Stanislas Lem, l'océan de la planète se comporte de manière imprévisible, tout comme les éruptions d'accrétion des jeunes étoiles — sauf que là-bas, le mystère est dans l'esprit, et ici, dans la physique.