Terzan 5 est un amas globulaire d'étoiles, un essaim dense de centaines de milliers d'astres, comprimé en une sphère de quelques dizaines d'années-lumière de diamètre. Dans une telle cohue, les étoiles échangent de la matière et s'entraînent mutuellement en rotation, certaines se transformant en pulsars – des étoiles à neutrons en rotation rapide qui émettent des impulsions radio comme des phares. Les nouvelles images, prises avec le radiotélescope Karl G. Jansky Very Large Array à des fréquences de 2 à 4 gigahertz, ont permis de scruter le cœur même de cette fourmilière stellaire.
Sur les images, 38 des 49 pulsars confirmés apparaissent, dont le brillant pulsar Ter5A, dont les éclipses ont pu être suivies à plusieurs fréquences. Mais même après soustraction de tous les signaux visibles, il reste un fond diffus notable – la lumière de pulsars trop faibles pour être distingués individuellement. Le seuil de sensibilité était d'environ 11 microjanskys – c'est comme entendre un murmure à l'autre bout d'un stade. En modélisant combien de ces sources faibles sont nécessaires pour produire ce fond, les astronomes ont obtenu une estimation : Terzan 5 contient au moins 250 pulsars, et peut-être bien davantage.
Ce chiffre est cinq fois supérieur aux estimations précédentes et fait de Terzan 5 l'un des endroits les plus riches en pulsars de la Galaxie. Fait intéressant, le rayonnement gamma de l'amas, bien qu'il ne se prête pas à une interprétation univoque, pointe également vers un grand nombre de pulsars. Une telle abondance de « phares » en un seul lieu est un véritable cadeau pour les futurs radiotélescopes : ils pourront vérifier comment les pulsars naissent dans les amas denses et comment ils interagissent avec leurs voisins.
Un pulsar tourne si régulièrement qu'on peut l'utiliser pour régler une horloge : la dérive de la période de certains pulsars est inférieure à celle des meilleures horloges atomiques sur Terre.