L'éruption solaire du 3 juin 2012 s'est comportée comme un orchestre où, après le morceau principal, un deuxième soliste entre en scène de façon inattendue. D'abord, les instruments ont enregistré une brusque montée de rayonnement gamma d'énergie supérieure à 100 mégaélectronvolts — comme si des milliards de minuscules balles avaient frappé les détecteurs d'un coup. Puis, après une courte pause, le rayonnement a de nouveau augmenté et a tenu plus de huit minutes. On pensait auparavant que c'était une particularité de cette éruption, mais il s'est avéré qu'un « deuxième acte » similaire avait déjà été observé en 1982 et, depuis, dans plus de quarante éruptions solaires.
La deuxième vague de rayonnement est connue sous le nom de rayonnement gamma tardif. Il naît lorsque des protons rapides — des noyaux d'atomes d'hydrogène accélérés par l'éruption — rattrapent la bulle de plasma en expansion (l'éjection de masse coronale) et entrent en collision avec son onde de choc. L'onde de choc agit comme un accélérateur naturel : elle attrape les particules et les projette avec encore plus de force, les amenant à produire des quanta gamma. Le décalage entre la première et la deuxième vague correspond exactement au temps nécessaire aux protons pour rattraper cette bulle.
Ce résultat relie deux phénomènes étudiés séparément jusqu'ici : les éruptions solaires et les flux de particules qui parviennent à la Terre depuis les ondes de choc. Il s'avère que lors d'événements puissants, le Soleil déclenche les deux mécanismes, et le rayonnement gamma tardif est le pont entre eux. C'est un peu comme si un même four chauffait d'abord rapidement la pièce, puis continuait à la chauffer longtemps à travers les tuyaux.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2602.10284
A recent paper on SOL2012-06-03 reported the detection for the first time of two distinct phases of $$>$$100 MeV $$\gamma$$-radiation indicating separate acceleration processes. But such two-phase emission has been seen before and was first observed in SOL1982-06-03. The second phase is known as Late Phase Gamma-Ray Emission (LPGRE) and was cataloged for $$>$$40 solar eruptions, including SOL2012-06-03. Here we provide evidence that the second SOL2012-06-03 $$\pi$$-decay peak is the onset of LPGRE that lasted for $$>$$8 min. Its delay from the impulsive X-ray peak is consistent with the time it would take flare-produced suprathermal protons to overtake the expanding CME and be accelerated by its shock. The high accelerated ion-to-electron ratio in SOL2012-06-03 and other LPGRE events is consistent with the ratio observed in gradual SEP events produced by shocks and is inconsistent with ratios typically found in impulsive flares and solar energetic particle events produced by reconnection.
Le rayonnement gamma tardif des éruptions solaires a été remarqué pour la première fois en 1982, mais on ne l'a pas identifié comme un phénomène distinct et on l'a attribué à des interférences.