Le Soleil émet en permanence un flux de particules chargées : le vent solaire. Parmi elles, beaucoup d'électrons, et une partie d'entre eux repart vers le Soleil. Mais les observations montrent qu'il en revient moins que prévu. On pensait autrefois que le champ électrique du Soleil, qui freine les particules, en était la cause.
Une nouvelle étude propose une autre explication. Dans le vent solaire, le champ magnétique oscille constamment et crée de petits pièges magnétiques. Ils ressemblent à des poches qui se déplacent avec le vent. Un électron qui tombe dans une telle poche ne peut pas revenir immédiatement vers le Soleil. Il s'en échappe d'abord, mais retombe vite dans la poche suivante. Ainsi, les particules perdent de l'énergie et restent dans le flux du vent.
Les scientifiques ont calculé que la limite d'énergie mesurée des électrons ne révèle que la profondeur d'une seule poche, et non celle du champ électrique global du Soleil. En réalité, ce champ pourrait être plusieurs fois plus intense. Cela change notre compréhension de l'accélération du vent solaire. Les électrons piégés constituent la majeure partie du vent, et le champ électrique y joue un rôle plus important qu'on ne le croyait.
Ainsi, tel un berger aux poches invisibles, le Soleil retient une partie de ses électrons dans le flux du vent. Et nous comprenons mieux pourquoi le vent solaire est ce qu'il est.
Le vent solaire souffle à environ 400 kilomètres par seconde, soit mille fois plus vite que le plus puissant ouragan sur Terre.
Dans le roman d'Arthur C. Clarke « Le Vent solaire », un voilier avance sous la pression de la lumière, mais en réalité le vent est composé de particules qui se comportent bien plus subtilement que ne l'imaginaient les auteurs de science-fiction.