Avant chaque lancement d'un tokamak — l'installation où un gaz surchauffé est maintenu par un champ magnétique — les opérateurs passent des heures à calculer comment le plasma se comportera. L'erreur coûte trop cher : un seul paramètre incorrect peut faire échouer l'expérience. Désormais, un réseau de neurones vient à la rescousse : il apprend des lancements passés et fournit une prédiction plus vite que vous ne clignez des yeux.
Le modèle fonctionne comme un chef expérimenté : connaissant la recette (courant dans les bobines, puissance de chauffage, densité du gaz), il prédit ce que donnera le plat — à quel point le plasma sera chaud et stable. Au lieu de calculs de plusieurs heures sur un supercalculateur, la réponse arrive en 0,1 seconde. Pour l'entraînement, les données de 550 décharges du tokamak WEST en France ont été utilisées.
Une telle vitesse ouvre de nouvelles possibilités : on peut rapidement passer en revue les scénarios de lancement, écarter les options dangereuses et même ajuster les paramètres en plein pendant la décharge. L'énergie de fusion, c'est comme une danse complexe où chaque pas doit être précis. Le réseau de neurones devient un partenaire qui suggère le pas suivant un instant avant la musique.
Le tokamak WEST doit son nom au mot anglais « west » (ouest), car il s'agit de la branche ouest-européenne du projet international ITER.