La chaleur à l'intérieur d'une cellule, c'est un peu comme la circulation en ville : certaines rues sont larges et le flux est rapide, d'autres sont des ruelles étroites où tout se bloque. Des scientifiques ont trouvé un moyen de cartographier ces « embouteillages » thermiques sans ouvrir la cellule.
Ils ont pris de minuscules diamants — si petits qu'on ne peut pas les voir à l'œil nu — et les ont déposés sur une fine plaque d'or. L'or est chauffé par un faisceau lumineux, et les diamants, lorsqu'ils sont chauffés, se mettent à briller différemment. Cette lueur permet de savoir à quel point il fait chaud autour du diamant. En modifiant la fréquence de chauffage, les chercheurs contrôlent la profondeur à laquelle la chaleur pénètre dans la cellule : c'est comme régler la pression de l'eau dans un tuyau d'arrosage pour n'arroser que le parterre, et non tout le jardin.
La méthode a été testée sur des cellules soumises à un stress osmotique, c'est-à-dire à une variation de la concentration en sel. Il s'est avéré qu'en réponse à ce stress, les flux de chaleur à l'intérieur de la cellule changent, et cela est lié à la formation de gouttelettes de protéines — comme l'huile qui se rassemble dans une soupe. Ces gouttelettes sont associées à des maladies, comme la sclérose latérale amyotrophique.
Désormais, les biologistes disposent d'un outil pour observer la vie thermique de la cellule en temps réel. Cela aidera à comprendre comment les cellules échangent de l'énergie, comment les maladies se développent et comment les médicaments agissent sur elles.
Les diamants utilisés comme thermomètres émettent de la lumière même à température ambiante, et leur lueur change avec une telle précision qu'on peut détecter des différences de fractions de degré.