Un cristal en couches refroidi évoque une pile de feuilles minces entre lesquelles circulent des électrons. À une température d'environ 17 K, de minuscules régions apparaissent où les électrons s'organisent en une onde, comme une ride à la surface de l'eau qui se figerait sur place. Ces régions sont appelées « flaques de charge » et on pensait jusqu'ici qu'elles étaient immobiles.
Les chercheurs ont envoyé de courtes impulsions laser sur le cristal et ont observé que les flaques oscillent lentement, environ 0,15 billion de fois par seconde. Cette oscillation s'est avérée liée au frémissement des couches elles-mêmes : les couches se déplacent et les flaques réagissent comme des flotteurs sur une vague. Une telle connexion entre le mouvement des couches et l'onde de charge n'avait jamais été observée auparavant.
Cette découverte aide à comprendre comment supraconductivité et ondes de densité de charge coexistent dans un même matériau. Peut-être qu'en contrôlant les oscillations des flaques, on pourra ajuster les propriétés de dispositifs en couches minces, comme des interrupteurs ou des capteurs.
L'onde de densité de charge dans ce cristal ne coïncide pas avec le pas du réseau atomique ; on la qualifie donc d'incommensurable, comme un motif qui ne s'aligne pas parfaitement sur du papier quadrillé.