Un point lumineux sur un cristal évoque une luciole que l'on peut réveiller non seulement avec une lampe de poche, mais aussi par la chaleur de la main. Ces points — des sources uniques de photons — savent émettre de la lumière strictement photon par photon, ce qui est essentiel pour la communication et le calcul quantiques. On les « réveille » généralement avec de la lumière visible, mais les détails de ce réveil sont longtemps restés obscurs.
Désormais, au faisceau visible s'ajoute un second, invisible, dans l'infrarouge moyen, avec une longueur d'onde d'environ 7,3 micromètres. Ce faisceau entre en résonance avec les vibrations des atomes autour du défaut dans le nitrure de bore hexagonal — un matériau semblable au graphite, mais transparent. Ces vibrations, comme une balançoire, s'amplifient et aident les porteurs de charge à se recombiner plus vite, c'est-à-dire à se rejoindre et à émettre un photon. Résultat : les sources de lumière bleue s'embrasent plus intensément.
Cette « pédale d'accélérateur » pour émetteurs quantiques n'avait jamais été utilisée auparavant. La méthode fonctionne à température ambiante, sans cryostats complexes. C'est un pas vers des dispositifs pratiques : les sources de photons uniques pourront être ajustées à la volée, comme le volume d'un poste de radio.
La longueur d'onde de 7,3 micromètres est environ dix fois plus fine qu'un cheveu humain, et cette lumière est invisible à l'œil, mais parfaitement « audible » pour les vibrations du réseau cristallin.