Une radiographie, c'est comme une photo dans le noir : moins il y a de lumière, moins on distingue les détails. Des médecins ont voulu savoir à quel point on pouvait réduire la « lumière » lors d'un scanner (tomodensitométrie) sans pour autant passer à côté d'une maladie. Pour cela, ils ont pris 50 paires d'images thoraciques : l'une avec une dose complète d'irradiation, l'autre avec une dose faible. Ensuite, ils ont créé par ordinateur des versions encore plus atténuées, de 1 % à 75 % de la force initiale.
Un programme informatique a lui-même repéré les organes sur les images et mesuré leur densité. La densité du foie aide à détecter la stéatose hépatique, celle des muscles la sarcopénie, et celle des os l'ostéoporose. Il s'est avéré que pour ces trois tâches, une dose équivalente à celle d'une radiographie pulmonaire standard (seulement 3 % de la dose complète) suffit. Mais pour rechercher des dépôts de calcium dans les vaisseaux, il faut une dose plus élevée, comparable à celle utilisée pour le dépistage du cancer du poumon (environ 25 % de la dose complète). Sinon, le programme ne distingue pas les petits points blancs.
Pourquoi est-ce important ? Si l'on examine la santé de milliers de personnes d'un coup, l'irradiation cumulée est énorme. Ces nouvelles données permettent de réduire la dose de plusieurs dizaines de fois tout en obtenant des résultats fiables. Cependant, chaque mesure a son propre seuil : certaines choses sont visibles presque sans irradiation, d'autres nécessitent un « flash » plus intense.
La dose d'une radiographie pulmonaire standard est environ 30 fois plus faible que celle d'un scanner standard de la même région. Et pourtant, le scanner donne une image en volume, pas une ombre plate.