Chaque inspiration accélère légèrement le cœur, chaque expiration le ralentit. Ce rythme, visible sur un électrocardiogramme, est appelé arythmie respiratoire. Longtemps considérée comme un simple effet secondaire du système nerveux, une nouvelle étude montre que cette coordination n'est pas un hasard, mais un moyen d'économiser de l'énergie.
Le cœur pousse le sang à travers les vaisseaux pulmonaires, qui se dilatent à l'inspiration et se contractent à l'expiration. Si les rythmes ne coïncident pas, le cœur doit travailler contre la résistance, comme un nageur qui ramerait contre les vagues. Lorsque les battements cardiaques tombent en phase avec la respiration, la résistance diminue. Les calculs montrent que chez l'humain, les pertes d'énergie chutent de 10 %, et chez certaines espèces, de plus de la moitié.
Cette idée a été testée sur des patients porteurs de stimulateurs cardiaques, qui ont artificiellement rétabli le lien entre la respiration et les battements du cœur. Les résultats correspondent aux prédictions du modèle : la synchronisation améliore effectivement le pompage du sang. À l'avenir, les médecins pourraient utiliser ce principe pour traiter l'insuffisance cardiaque.
Chez les nouveau-nés, l'arythmie respiratoire est particulièrement prononcée : leur système cardiovasculaire apprend encore à économiser l'énergie.