Un qubit, c'est comme une corde qui doit rester immobile avant le début de la mélodie. Si elle vibre, la musique commence par une fausse note. Dans les ordinateurs quantiques, ce rôle de corde est joué par des qubits supraconducteurs. Avant chaque calcul, il faut les ramener à leur état fondamental, sinon les erreurs sont inévitables.
Habituellement, on refroidit le qubit avec des signaux électriques ou on attend qu'il cède lui-même sa chaleur. Mais ces méthodes laissent un « frémissement » résiduel : environ un qubit sur cent ne se calme pas complètement. Les auteurs de ces travaux ont trouvé une autre voie. Ils ont relié le qubit à un dispositif qui transforme l'excès de chaleur en ondes sonores de très haute fréquence — comme si les vibrations de la corde se transmettaient au corps du violon et s'y amortissaient.
Le résultat est impressionnant : après ce « refroidissement sonore », moins d'un qubit sur dix mille reste excité. C'est cent fois mieux que les dispositifs précédents. Le qubit est prêt à travailler de manière quasi parfaite.
Cette approche ne nécessite ni électronique complexe ni rétroaction. Il suffit de régler correctement le résonateur acoustique. À l'avenir, cela simplifiera la construction de grands processeurs quantiques, où des milliers de qubits doivent être ramenés rapidement et fiablement à leur état initial.
La fréquence des ondes sonores dans lesquelles la chaleur du qubit est dissipée est de plusieurs gigahertz. C'est un milliard de fois plus élevé que le son le plus aigu que l'oreille humaine puisse entendre.