Frotter un peigne sur de la laine produit une étincelle. Un principe similaire est à l'œuvre dans les nanogénérateurs triboélectriques, des dispositifs qui convertissent les contacts mécaniques en électricité. Le problème, c'est que les matériaux ordinaires ne fournissent qu'une charge faible.
Un groupe de chercheurs a étudié le matériau lamellaire Janus MoSSe, dont la feuille est recouverte de soufre d'un côté et de sélénium de l'autre, comme un sandwich avec deux garnitures différentes. On y a ajouté de la soie, une protéine issue des cocons du ver à soie. Les calculs montrent que si l'on étire ce composite, la bande interdite pour les électrons se rétrécit davantage que pour chacun des matériaux pris séparément. Cela signifie que les électrons peuvent plus facilement sauter entre les couches.
En conséquence, la tension de sortie augmente à tous les niveaux de déformation. Une fine pellicule de soie et de MoSSe pourrait servir de base à des capteurs portables ou à la recharge de gadgets par les mouvements du corps.
La soie est un piézoélectrique naturel : lorsqu'on la comprime ou l'étire, elle génère elle-même une petite tension, c'est pourquoi on l'intègre dans les vêtements intelligents.