Un caillot dans un vaisseau, c'est comme un bouchon coincé dans un tuyau étroit. Les médicaments habituels le dissolvent lentement, comme l'eau chaude dissout un morceau de sucre. Mais pendant que le médicament agit, le bouchon peut se déplacer et bloquer complètement la circulation sanguine.
La nouvelle approche fonctionne autrement. Au lieu d'une dissolution lente, on attaque le caillot par micro-explosions. Pour cela, on introduit dans le caillot une minuscule goutte de sodium ou de potassium liquide, enveloppée dans de l'huile de silicone – comme un jaune d'œuf dans un sachet de film. L'huile empêche le métal de réagir prématurément. Mais dès que la goutte entre en contact avec le sang, l'eau traverse la couche d'huile et déclenche une violente réaction chimique. Le métal chauffe instantanément à très haute température, libère un alcali caustique et se dilate – ce qui produit une série de petites explosions. Elles déchirent simplement le caillot en morceaux.
Après la réaction, il ne reste du métal que des ions sodium et potassium – les mêmes que ceux déjà présents dans le sang et les cellules. Ils ne sont pas toxiques et sont éliminés tranquillement par les reins. Aucun déchet nocif, aucun risque de saignement.
Dans des expériences sur des animaux, cette méthode a nettoyé le vaisseau du caillot dix fois mieux que l'urokinase standard. Si le médicament habituel laisse presque tout le caillot intact (environ 80 % de la surface), la thérapie explosive détruit presque tout – il ne reste qu'environ 11 %.
L'idée est simple : au lieu d'attendre que le caillot fonde, on le brise de l'intérieur par des impacts ponctuels rapides. Comme si, au lieu de faire tremper longtemps une saleté incrustée, vous utilisiez un marteau-piqueur miniature – et le tuyau est de nouveau libre.
Le sodium et le potassium sont des métaux si réactifs qu'à l'état pur on les conserve sous une couche de kérosène ou d'huile, sinon ils s'enflamment à l'air libre. Dans l'organisme, ils réagissent instantanément avec l'eau, et c'est cette réaction violente que les auteurs de la méthode ont mise au service de la médecine.