Stephen Hawking a montré que les trous noirs émettent des particules et finissent par s'évaporer. Mais où disparaît l'information sur ce qui a été avalé ? L'idée du « mur de feu » prétendait que, à l'horizon, tout ce qui tombe rencontre une paroi incandescente. Cela contredit la courbure de l'espace-temps qui doit rester douce. Cependant, l'intérieur du trou et son rayonnement sont impossibles à séparer. Ils sont tissés ensemble comme les feuilles d'un livre : l'empreinte sur l'une se transmet instantanément aux autres. La gravité les coud en un tout unique. Fait curieux : n'importe quel point à l'intérieur du trou porte l'empreinte de tout ce qui y est tombé — comme si chaque page contenait le texte intégral. Ainsi, il n'y a pas de mur de feu : l'horizon est calme, et l'entropie (mesure du désordre) évolue de manière ordonnée.
Si un trou noir de la taille d'une pièce de monnaie avait un mur de feu, il réduirait en cendres tout autour instantanément. Heureusement, la nature a choisi une voie plus subtile.
Le paradoxe a inspiré des intrigues comme celle d'« Interstellar », où le héros tombe dans un trou noir et envoie des messages. La réalité promet un mécanisme plus ingénieux, sans drame superflu.