Dans le monde microscopique, le bruit perturbe généralement les états fragiles, comme les rides brisent le reflet dans une flaque. Mais parfois, le bruit coordonné de nombreuses particules fait l'inverse : un flux unidirectionnel stable émerge.
La direction est imposée par la géométrie, à l'instar de la courbure de l'espace-temps. Le paradoxe, c'est que tenter de purifier le système de son bruit (comme on filtre le signal en spectroscopie) détruit ce motif : le mouvement s'arrête. C'est un phénomène des systèmes ouverts, où l'entropie ne fait pas que croître, elle structure aussi. Ces idées remontent aux travaux de John von Neumann et Eugene Wigner sur le chaos et la mesure.
Supprimez le bruit, et la vague se fige : les particules cessent de bouger. L'ordre exige le désordre.